On pourrait penser qu’après vingt ans dans le métier, les matériaux, les fabricants, les collections et les tendances n’ont plus beaucoup de secrets. C’est justement tout l’inverse. Plus l’expérience grandit, plus la curiosité devient essentielle.
Se déplacer dans les salons fait partie du métier. Les grands rendez-vous internationaux évidemment, mais aussi les salons de décoration, d’architecture, d’immobilier ou les événements plus locaux. Pas uniquement pour découvrir le dernier carrelage ou la nouvelle robinetterie, mais pour regarder, toucher, discuter, retrouver des fabricants, faire de nouvelles rencontres et parfois tomber sur quelque chose que l’on n’était absolument pas venu chercher.
Et parmi ces rendez-vous, il y en a un qui occupe une place particulière dans le parcours de John Lauferman : le Cersaie de Bologne.
Plus de quarante ans de céramique, de matière et de design
Le Cersaie existe depuis 1983. Organisé chaque année à Bologne, il est devenu l’un des grands rendez-vous internationaux consacrés à la céramique, aux surfaces, à l’aménagement de la salle de bains et plus largement à l’architecture.
Pendant cinq jours, fabricants, architectes, designers, distributeurs et professionnels venus du monde entier s’y retrouvent. On y découvre bien sûr de la céramique, mais aussi des revêtements, des équipements de salle de bains, des matériaux et de nombreuses innovations.
Mais réduire le Cersaie à une immense présentation de produits serait passer à côté de l’essentiel.
Voir avant de prescrire
Une photo peut être magnifique. Un catalogue parfaitement réalisé. Un échantillon très séduisant. Mais rien ne remplace le fait de voir une matière en grand format, de la toucher, d’observer comment elle réagit à la lumière ou de discuter directement avec ceux qui l’ont développée.
Une finition peut sembler identique à une autre sur un écran et révéler quelque chose de complètement différent une fois devant soi. Une innovation technique qui paraît anodine sur une fiche produit peut aussi apporter une vraie réponse à une problématique rencontrée sur un chantier.
C’est là que le déplacement prend tout son sens.
Un salon qui accompagne un parcours professionnel
Le Cersaie occupe une place importante dans l’histoire professionnelle de John Lauferman. Au fil des éditions, le salon a permis des découvertes, des rencontres avec des fabricants, la construction de relations professionnelles et l’observation, année après année, des évolutions de l’univers de la salle de bains et des matériaux.
Certaines rencontres faites dans les allées d’un salon peuvent sembler anodines sur le moment et devenir quelques années plus tard de véritables collaborations.
C’est aussi toute la richesse de ces rendez-vous. On sait pourquoi on y va, mais rarement avec quoi on va en repartir.
Une immense bibliothèque de matériaux
Pour un professionnel du sourcing, le Cersaie ressemble à une bibliothèque de matériaux grandeur nature.
On y observe les couleurs qui apparaissent, celles qui disparaissent puis reviennent. Les formats évoluent, les textures changent, les techniques de fabrication progressent et les usages se réinventent.
Mais surtout, on peut comparer.
Lorsque des centaines de fabricants sont réunis au même endroit, le regard devient forcément plus exigeant. Il devient plus facile de distinguer une véritable innovation d’un simple effet de tendance, de comprendre les différences de fabrication et d’identifier les solutions qui pourront réellement avoir un intérêt sur les futurs projets.
Cette culture de la matière ne se construit pas uniquement derrière un écran ou avec des catalogues. Elle se nourrit du terrain.
Et puis, il y a les rencontres
Un salon professionnel ne se résume jamais aux stands.
Il y a une discussion autour d’un café, un fabricant qui présente un prototype pas encore commercialisé, un architecte qui raconte son projet ou un designer qui explique pourquoi il a choisi de travailler une matière d’une certaine manière.
Le Cersaie a d’ailleurs développé au fil des années une véritable programmation autour de l’architecture et du design, accueillant de grandes figures internationales comme Renzo Piano, Norman Foster, Toyo Ito, Kazuyo Sejima ou Shigeru Ban.
Ces échanges font aussi partie du métier. Ils nourrissent le regard et permettent de rester connecté à ce qui est en train de changer.
Rester curieux, toujours
L’expérience ne devrait jamais conduire à penser que l’on connaît suffisamment son marché pour arrêter de regarder ailleurs.
Les matériaux changent, les techniques progressent, de nouveaux fabricants apparaissent et les usages évoluent.
C’est pourquoi les salons internationaux comme les événements plus proches consacrés à la décoration, à l’architecture, à l’immobilier, au mobilier ou à l’artisanat restent essentiels.
Une idée pour un projet peut venir de partout.
Chez John Lauferman – Sourcing & Matériaux, cette curiosité fait partie intégrante de la façon de travailler. Faire du sourcing, ce n’est pas attendre qu’un catalogue arrive sur un bureau. C’est aller chercher, rencontrer, toucher, comparer et comprendre pour enrichir en permanence cette bibliothèque de matières et de savoir-faire mise ensuite au service des architectes, des décorateurs et de leurs projets.
Plus de quarante ans après sa création, le Cersaie reste l’un de ces endroits où l’on vient découvrir des matériaux et d’où l’on repart surtout avec des rencontres, des idées et l’envie de continuer à chercher.
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