Parce que le design n’est pas qu’une question d’usage !

Publié le 9 février 2026 à 20:00

 

Il y a des objets que l’on choisit pour leur fonction, et puis il y a ceux que l’on choisit pour ce qu’ils provoquent.

Le Juicy Salif fait clairement partie de cette seconde catégorie.

Quand Philippe Starck dessine le Juicy Salif pour Alessi en 1990, il ne pense pas à un presse agrumes.

Il est alors en vacances sur l’île de Capraia, en Italie. Assis dans un restaurant, en attendant son plat de calamars, il dessine sur une serviette en papier des formes longues, fines, presque insectesques. Ce dessin n’est pas pensé comme un objet fonctionnel, encore moins comme un produit industriel. C’est une intuition graphique, un geste.

De retour à Paris, Starck envoie le croquis à Alberto Alessi. Quelques semaines plus tard, Alessi décide de produire l’objet tel quel. Le résultat deviendra l’un des objets de design les plus célèbres du XXe siècle.

Mais voici ce que peu de gens savent. Philippe Starck dira plus tard que Juicy Salif n’est pas fait pour presser des citrons, ou en tout cas pas très bien. Selon lui, cet objet est avant tout conçu pour déclencher une conversation. Il expliquera même que Juicy Salif est davantage un manifeste qu’un ustensile.

C’est un objet qui pose une question simple mais dérangeante : un objet doit il forcément être utile pour avoir sa place dans un intérieur ? Aujourd’hui encore, Juicy Salif divise. Certains l’adorent, d’autres le détestent, mais personne ne l’ignore. Et c’est précisément pour cela qu’il est devenu iconique.

On ne sait pas exactement pourquoi Salif, et c’est volontaire. Cette absence d’explication rationnelle fait partie intégrante de l’objet. Comme le presse agrumes lui même, le nom n’est pas là pour servir une fonction évidente, mais pour interroger notre rapport aux objets.

Il y a aussi ce qu’il ne faut surtout pas faire : le passer au lave vaisselle. Je l’ai fait. En sortant, l’objet était devenu mat, ayant perdu ce côté brillant qui fait partie de sa présence. Ce n’est pas un défaut, mais la matière qui parle. Juicy Salif demande un minimum d’attention, comme tous les objets qui comptent.

Chez John Lauferman Sourcing et Matériaux, cette histoire nous parle particulièrement. Parce qu’un objet n’est pas seulement ce qu’il fait, mais aussi ce qu’il provoque.

Dans un projet, certains éléments ne sont pas là pour remplir une fonction précise, mais pour donner une identité au lieu.

Pourquoi nous aimons

Nous aimons Juicy Salif parce qu’il ne cherche pas à être utile à tout prix, parce qu’il assume une forme radicale, parce qu’il questionne notre rapport aux objets et parce qu’il trouve naturellement sa place sans s’imposer.

Juicy Salif n’est pas un accessoire. C’est un choix. Et comme tout choix structurant, il mérite réflexion.

Si vous souhaitez comprendre comment un objet peut donner du sens à un lieu, comment l’intégrer sans surcharger un espace, ou comment faire dialoguer usage et intention dans votre projet, nous serons ravis d’en parler avec vous.

 

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