Certaines baignoires dépassent largement leur fonction. Elles deviennent une pièce centrale, une présence, presque un décor à elles seules.
La Cléo 1889 de Jacob Delafon fait partie de ces objets qui structurent immédiatement une salle de bain. Et si elle continue autant de séduire aujourd’hui, c’est probablement parce qu’elle réussit quelque chose de rare : conserver l’élégance des baignoires Belle Époque tout en restant réellement confortable au quotidien.
Une baignoire qui a marqué toute une génération de professionnels.
Lorsque John Lauferman démarre son métier de bainiste et de professionnel de la salle de bains, il y a bientôt vingt ans, il se retrouve très vite nez à nez avec cette baignoire devenue une véritable référence : la Cléo de Jacob Delafon.
Dès les premières années d’activité, une idée apparaît presque naturellement : la customiser. Et cela montre déjà à quel point cette baignoire occupait une place particulière dans l’univers de la salle de bains, notamment en Provence, où elle était déjà considérée comme une pièce mythique.
Avec un graphiste, plusieurs personnalisations voient alors le jour. Bien sûr à travers les peintures extérieures, mais aussi grâce à des graphismes et des décors appliqués directement sur la coque de la baignoire. L’idée était presque de casser son image iconique pour lui offrir une autre lecture, montrer qu’elle pouvait dépasser le simple registre rétro auquel elle était souvent associée.
Car finalement, la Cléo n’a jamais été uniquement une baignoire rétro. Elle possède surtout une identité extrêmement forte, presque intemporelle.
C’est précisément ce qui fait sa singularité : elle trouve aussi naturellement sa place dans une salle de bains ultra contemporaine que dans un univers plus classique ou inspiré de l’esprit Belle Époque.
Et c’est peut-être cela, au fond, la définition d’un véritable objet culte dans le design et l’architecture : une pièce qui traverse les époques sans jamais perdre sa force ni sa modernité.
Une silhouette immédiatement identifiable.
Avec ses pieds pattes de lion, sa forme ovale généreuse et ses rebords roulés, la Cléo reprend tous les codes des grandes baignoires du XIXe siècle.
Mais contrairement à beaucoup de modèles rétro actuels, elle évite le piège du faux vintage. Les proportions sont justes, la silhouette reste élégante et surtout, elle possède une vraie présence dans l’espace. Une salle de bain s’organise presque autour d’elle.
La vraie différence : la fonte.
Aujourd’hui, énormément de baignoires dites rétro sont fabriquées en acrylique. Visuellement proches parfois, mais très différentes dans les sensations.
La Cléo historique, elle, est en fonte émaillée. Et cela change tout.
Le toucher est plus dense, la sensation plus luxueuse, le son plus feutré. La fonte possède aussi une inertie thermique exceptionnelle, ce qui permet à l’eau de rester chaude beaucoup plus longtemps.
C’est précisément ce type de détail invisible qui transforme l’expérience.
Une pièce spectaculaire… et exigeante.
Mais cette noblesse du matériau implique aussi certaines contraintes.
La baignoire pèse environ 148 kg à vide. Un poids considérable qui demande parfois un renforcement de plancher, notamment dans certains appartements anciens.
La manutention devient plus complexe, l’installation doit être parfaitement anticipée et la robinetterie sur pied nécessite également une vraie réflexion technique.
La Cléo n’est pas une baignoire simple. C’est une pièce architecturale.
Une esthétique qui traverse les styles.
Ce qui rend aussi la Cléo intéressante, c’est sa capacité à s’intégrer dans des univers très différents.
Version blanche classique dans un esprit hôtel particulier parisien, noir mat dans une salle de bain plus contemporaine, finitions chromées ou dorées pour accentuer l’inspiration Belle Époque ou Art déco.
Elle peut devenir très classique ou étonnamment moderne.
Une baignoire pensée pour être vécue.
Le modèle emblématique en 175 × 80 cm offre des proportions beaucoup plus généreuses que les vraies baignoires anciennes d’époque, souvent étroites et peu confortables.
La profondeur est pensée pour un usage quotidien, avec une cuve suffisamment spacieuse pour un bain à deux.
Et c’est probablement ce qui explique aussi son succès : elle ne se contente pas d’être belle. Elle reste agréable à vivre.
Le luxe du détail.
Comme souvent avec les pièces iconiques, tout se joue dans la précision.
La finesse des pieds, la courbe du rebord, la profondeur de l’émail, la qualité des finitions… autant d’éléments qui lui permettent de conserver une vraie crédibilité esthétique malgré les nombreuses copies rétro présentes aujourd’hui sur le marché.
Une pièce qui impose une atmosphère.
Chez John Lauferman – Sourcing & Matériaux, certaines pièces attirent particulièrement l’attention parce qu’elles dépassent leur simple fonction.
La Cléo fait partie de celles qui donnent immédiatement une identité à un lieu. Elle ne complète pas une salle de bain, elle la dessine presque à elle seule.
Et c’est peut-être ce qui fait les objets intemporels : leur capacité à transformer un espace avant même qu’on y ajoute quoi que ce soit d’autre.
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